Christophe PRUDHOMME est médecin urgentiste au SAMU 93 (Bobigny) depuis 1987.
Porte-parole de l’Association des médecins urgentistes de France (AMUF), membre de la Direction de la Fédération cgt de la Santé et de l'Action Sociale et animateur du Collectif national des médecins de la cgt.

Les billets d'humeur de Christophe

billets depuis le 16 avril

15 avril 2020

Plateau et déconfinement

Le nombre de patients en réanimation atteints de la maladie COVID-19 reste élevé et continue de mettre l'hôpital sous pression. Imaginez, un peu plus de 6 500 patients atteints de cette maladie sont hospitalisés alors qu'avant la crise nous ne disposions que de 5 000 lits de réanimation.
Le point positif est qu'au SAMU nous sommes moins surchargés et que l'activité habituelle que nous avions un peu oublié, même si elle n'avait pas disparue, redevient plus visible. Hier, nous avons commencé la journée par un accouchement à domicile puis enchaîné sur la prise en charge d'une patiente atteinte d'un infarctus du myocarde. Alors que notre volume d'activité reste très élevée, les équipes ont l'impression de souffler comparativement aux semaines précédentes.
Si nous avons sûrement atteint ce qui est appelé la phase de plateau en Île-de-France, la vigilance reste de mise avec des signes de tension qui apparaissent en province, comme à La Rochelle qui n'a pu accueillir en fin de semaine dernière les patients transférés de Paris.
Donc pour nous les soignants, rien n'est gagné, même si pour ceux qui ont été fortement sollicités récemment, cette phase de répit est la bienvenue.
Nous sommes ainsi particulièrement inquiets concernant les procédures du déconfinement ? Allons-nous disposer de suffisamment de masques et de tests pour détecter et isoler les porteurs du virus ? Cette question est essentielle et l'annonce du président de République qui limite l'accès aux tests aux personnes présentant des symptômes, n'apparaît pas adaptée. Bien au contraire, l'efficacité voudrait que nous puissions détecter les porteurs asymptomatiques, notamment ceux qui ont été en contact avec des malades, avant de reprendre une activité professionnelle ou autre. Nous risquons sinon une reprise de l'épidémie.
Visiblement ce ne sont encore une fois pas les priorités de santé publique qui ont motivé l'annonce de la date du 11 mai, mais bien un impératif de reprise économique, sans que la priorité ne soit donnée à la disponibilité de masques de protection de qualité et à un accès élargi aux tests.

 

14 avril 2020

Les "jours heureux" ?

Comme beaucoup d'entre vous, j'ai écouté le président Macron hier soir à la télévision. Long discours au ton compassionnel, ne voulant oublier personnes dans ses longs remerciements, peut-être si on veut y croire teinté d'une légère pointe d'autocritique mais vite tempérée par l'affirmation que d'autres pays sont dans le même situation, donc que ce n'est pas "de notre faute" si non manquons de masques et de tests.
Puis comme d'habitude, des platitudes et des banalités avec un seul chiffre précis, répété de nombreuses fois : une date, celle du début du déconfinement. Mais monsieur Macron, je souhaite vous rappeler avec mes collègues que votre discours intervient un an après le début du mouvement de protestation des hospitaliers qui a débuté aux urgences de l'hôpital Saint-Antoine à Paris. Mouvement qui s'est élargi autour d'un socle revendicatif commun et nous aurions aimé cette fois-ci entendre des réponses précises et chiffrées à nos revendications. Il ne suffit pas de remercier les "héros" et de répéter à l'envi de vagues promesses concernant les moyens pour l'hôpital. Vous savez être précis et aligner les milliards quand il s'agit d'aider vos amis des entreprises et des banques. Alors je vais répéter quelques unes de nos demandes :

  • une augmentation des salaires immédiate de 300 euros par mois pour l'ensemble des personnels ;
  • l'annulation de la totalité de la dette des hôpitaux qui se monte aujourd'hui à 30 milliards d'euros ;
  • l'embauche de 100 000 agents dans les hôpitaux et de 300 000 dans les EHPAD ;
  • l'annulation et non la suspension comme l'a énoncé votre Premier Ministre des plans de restructuration des hôpitaux et des fermetures de lits...

J'arrête là ma liste sinon mon billet serait trop long. Alors, monsieur le Président nous ne pouvons nous contenter de vagues déclarations d'intention et de votre annonce en fin d'intervention des futurs "jours heureux". Citation du titre du programme du Conseil National de la Résistance à la limite de l'indécence dans votre bouche.
Nous hospitaliers, nous voulons et nous nous battons pour un changement radical de politique pour l'hôpital public, ce qui passe par une réponse immédiate aux revendications très précises que nous portons depuis maintenant un an. Assez de promesses, des actes monsieur le Président.

 

13 avril 2020

Changement ?

Beaucoup aujourd'hui nous annoncent que"demain ne sera pas comme hier", notamment à l'hôpital. Nous pouvons l'espérer. Mais au-delà des déclarations d'intention,nous ne pouvons que constater que dans l'ensemble pour le gouvernement les anciens schémas continuent de s'appliquer.
Alors que les hôpitaux demandent de la trésorerie pour assurer leur fonctionnement pendant la période de crise, le ministère de la santé propose une mécanique complexe et bureaucratique qui cache en fait la poursuite de l'austérité budgétaire pour les établissements. Même la représentation institutionnelle des hôpitaux, la Fédération hospitalière de France, s'en est émue dans des termes polis mais avec une colère sous-jacente très visible.
En ce qui concerne les fameux "héros" qui accumulent les heures supplémentaires, nous voyons poindre la proposition d'une nouvelle prime pour solde de tout compte qui ne prendra pas en compte le décompte réel du travail effectué.
Comme vient de l'énoncer mon confrère, le neuropsychiatre Boris Cyrulnik, la question est simple "Est-ce qu'on a le droit, est-ce qu'on a bien fait de massacrer l'hôpital pour gagner un peu de sous, pour faire un peu d'économies ? Je pense que les économies de ces trente dernières années vont nous coûter extrêmement chez dans les trente prochaines années".
Pour moi et une majorité de personnels hospitaliers et je pense aussi de la population, la réponse est simple : c'est non.
Mais au-delà du pouvoir de dire non que nous reste-t-il comme moyens dans notre démocratie cadenassée avec un président, monarque absolu, et un parlement de courtisans soumis ?
C'est à cette question qu'il faut dès à maintenant réfléchir pour trouver des solutions. Loin de la grande "unité nationale" du consensus mou, il faudra imposer d'autres choix à ceux qui veulent que rien ne change car il n'y aurait pas d'alternative à la mondialisation libérale.
C'est pourquoi dès à présent, il faut critiquer, proposer, se mobiliser, même pendant le confinement. Et encore plus pendant le confinement, car vouloir que le monde change pour un monde meilleur, c'est espérer et l'espoir, c'est la vie.

 

12 avril 2020

Un rêve

Aujourd'hui de repos, j'envoie un salut à mes collègues qui assurent la continuité du service public, en particulier les jours fériés.
Je me permets de faire un rêve. Le président de la République a parlé d'une guerre. Or l'histoire a montré que les guerres étaient sources de bouleversement dans l'histoire de l'humanité. Pour ceux qui se battent, il faut penser à l'après pour qu'il soit meilleur que l'avant. C'est ce qu'ont fait les membres du Conseil National de la Résistance en imaginant une sécurité sociale répondant à l'ensemble des besoins de tous les citoyens quelle que soit leur niveau de revenus. Sécurité sociale pour la maladie, pour la "retraite des vieux", pour les accidents de travail, pour pouvoir élever ses enfants et pour pouvoir continuer à vivre quand on est au chômage.
Alors pour demain, je rêve d'un service public de santé avec des hôpitaux, des centres de santé, des personnels bien formés et bien payés, assurant à tout citoyen quel que soit son lieu de résidence de pouvoir avoir accès à une prise en charge de qualité associant prévention et soins.
Je rêve d'une sécurité sociale financée par des cotisations qui ne sont pas des "charges" mais bien une part des revenus de chaque travailleur qu'il verse volontairement à une caisse assurant une gestion solidaire des besoins de tout un chacun. Nos cotisations, c'est une partie de nos salaires qui nous appartient. C'est la raison pour laquelle la fameuse "exonération des charges sociales" offerte aux entreprises constitue un vol manifeste du produit de notre travail.
Alors, oui demain, il faudra nous battre pour que ce rêve devienne une réalité, dans une société plus juste et plus humaine.

 

11 avril 2020

Des lits

Je pars à l'hôpital ce matin en ce début de long week-end et je suis soulagé en ce qui concerne la disponibilité des lits avec le début de la phase de plateau de l'épidémie.
En effet, depuis 15 ans, pour nous les urgentistes, ces week-ends prolongés généraient une véritable angoisse pour hospitaliser nos patients. La politique d'adaptation du nombre de lits ouverts au personnel présent - en sous-effectifs - et non aux besoins, se traduisaient par l'attente de très nombreux patients sur des brancards, parfois pendant plus de 48 heures, faute de lits disponibles. Comme toujours, c'étaient les plus fragiles, notamment les personnes âgées en provenance des EHPAD qui subissaient ces conditions d'accueil indignes et qui parfois mourraient sur ces brancards. Malgré nos protestations, les ministres successifs et une partie de nos collègues médecins nous expliquaient les bienfaits du tout ambulatoire et madame Bachelot, qui essaye aujourd'hui de se refaire une virginité, nous vendaient les fameux "bed managers ", les gestionnaires de lits pour nous trouver les lits qui n'existaient plus car elle les avait fermés suivant en cela la politique de ses prédécesseurs.
Avec la crise, la mobilisation des personnels a permis l'ouverture d'un grand nombre de lits de réanimation et l'ouverture d'unités spéciales pour les malades atteints du COVID-19. Pour une fois, les médecins ont imposé le rythme en fonction des besoins et les directions hospitalières ont dû s'adapter. Adaptation qui s'est faite avec difficulté, car ces directions sont empêtrées dans leur logique du "lean magement", ce fonctionnement à flux tendu avec des stocks zéro pour répondre aux différents plans d'économie que les gouvernements successifs leur demandaient d'appliquer sans états d'âme.
Un des effets de cette crise a été de redonner le pouvoir de décision et d'organisation aux personnels qui se sont mobilisées spontanément, parfois contre l'avis de l'administration. C'est une leçon qu'il va falloir retenir pour l'avenir. Ce qui doit nous guider ce sont les besoins de la population et non la maîtrise comptable des budgets. Les meilleurs experts sont les patients et les professionnels de santé de terrain !

 

10 avril 2020

Les autres patients...

Brutalement l'hôpital a dû s'adapter pour accueillir les malades du COVID-19. De très nombreux patients ont vu leur hospitalisation, leurs examens ou encore leur intervention chirurgicale déprogrammés et renvoyés à une date ultérieure non précisée.
Les services d'urgence et les standards du SAMU ont vu se réduire comme peau de chagrin les patients appelant pour un infarctus du myocarde ou encore un AVC. Dans un premier temps, obnubilés par l'urgence sanitaire, nous étions soulagés, mais rapidement une inquiétude s'est faite jour. Mais où sont passés ces malades ? Bien sûr le confinement peut expliquer que nous ayons moins d'accidents et de traumatologie, mais il n'y avait pas de raison pour que les autres pathologies disparaissent. Nous nous sommes vite rendu compte qu'il existait une véritable sidération dans la population, avec une peur de venir à l'hôpital et donc une tendance à minorer les signes d'alerte, ce qui entraînait un retard aux appels. Mais tout retard à la prise en charge de ces maladies, ce sont des risques de handicaps sévères, voire de décès.
Nos collègues spécialistes hospitaliers et les médecins généralistes de ville ont vite tiré la sonnette d'alarme. Ils ont évoqué la "bombe sanitaire" potentielle que représentait cette rupture de suivi des patients atteints de maladies chroniques et exposés à de nombreuses complications du fait de leur rupture de suivi.
La mobilisation massive de l'ensemble des personnels a permis d'encaisser la vague de l'épidémie virale dans les régions les plus touchées, il faut maintenant gérer deux priorités : continuer à accueillir et à soigner les malades atteints du COVID-19 et remettre ne route le fonctionnement habituel de notre système de santé, tant en ville qu'à l'hôpital. Ce doit être une priorité pour éviter une deuxième crise sanitaire dans les semaines et les mois à venir.
Il faut également parler d'une population particulière qui est celle des patients atteints de troubles psychiatriques. Non seulement la dégradation de notre système de santé ne permettait pas avant la crise une prise en charge optimale de ces oubliés de notre société, mais le confinement brutal est pour nombre d'entre eux un véritable calvaire, ce d'autant qu'ils sont souvent isolés et incapables de gérer seuls une telle situation. Ils avaient été les victimes invisibles de la crise de la canicule en 2003 et les autorités n'avaient constaté que tardivement la surmortalité qui avait frappé cette population en 2003. Ne les oublions pas une deuxième fois !

 

9 avril 2020

Merci

Aujourd'hui je souhaite parler de mes collègues de l'ombre qui ne sont pas des soignants mais qui sont indispensables au bon fonctionnement du Samu : les logisticiens.
Ce sont eux qui s'occupent de la réception du matériel, de leur stockage et de leur entretien. Ce sont encore eux qui vont chercher nos repas, s'occupent de nos tenues et font aussi la vaisselle. Ce sont des tâches indispensables pour que nous puissions travailler dans les meilleures conditions possibles. Il y a aussi les agents de désinfection, des équipes de sous-traitants qui ont été mises en place pour décontaminer nos ambulances après chaque transport de malade COVID plus. Avant leur arrivée, les équipes médicales et paramédicales devaient effectuer cette tâche après chaque transport, ce qui ne leur laissait aucun temps de repos entre chaque malade. Merci à eux de nous soulager de cette tâche dans des conditions difficiles. Merci aussi aux femmes de ménage, elles aussi employées en sous-traitance, ce que nous contestons, car le ménage relève de l'hygiène hospitalière, essentielle en termes de bon fonctionnement de nos établissements. Il devrait être assuré par des agents de service hospitalier titulaires, intégrés dans les équipes soignantes.
Merci aussi à tous les artisans et à toutes les entreprises qui nous livrent gracieusement des viennoiseries, des repas divers et variés. Un spécial pour notre marchand de kebab favori qui nous a préparé sa spécialité, très appréciée des équipes. Comme vous le savez le travail en continu nécessite d'avoir du café à disposition en permanence, surtout la nuit. Notre machine à café, très sollicitée, a montré des signes se faiblesse. Un membre de la famille d'un de nos médecins travaillant chez Métro a mobilisé ses connaissances pour nous faire livrer gracieusement une nouvelle machine qui est la bienvenue. Un grand merci ! Monsieur le Président, nous ne sommes pas des héros. L'hôpital fonctionne aujourd'hui grâce aux cent métiers qu'assurent des personnels dont le dévouement et la compétence ne pas toujours reconnus à leur juste valeur et qui sont trop souvent mal payés. Monsieur le Président, vous n'avez pas donné les moyens d'un bon fonctionnement de l'hôpital lors du vote de la dernière loi de financement de la sécurité sociale et, aujourd'hui, nous sommes obligés d'accepter la générosité publique pour améliorer notre ordinaire.
Monsieur le Président, il y a urgence à ce que tout cela change, parce qu'aujourd'hui nous ne pouvons pas vous dire merci !

 

8 avril 2020

Réanimation

La particularité de cette épidémie n'est pas le nombre total de malades mais le nombre de ceux qui nécessitent des lits de réanimation. Nous n'avons jamais connu un tel besoin sur une si courte période. Si le nombre de nouveaux malades commence à diminuer grâce au confinement, par contre les besoins en places de réanimation restent très élevés et continuent à augmenter légèrement chaque jour. Donc si nous sommes sur une phase de plateau, la tension persiste et nous ne serions pas en capacité en Île-de-France d'encaisser une deuxième vague de malades réanimatoires. Cette situation est aggravée par le fait que les patients restent longtemps en réanimation avant de récupérer une fonction respiratoire normale, heureusement pour un grand nombre d'entre-eux. Donc ne nous relâchons pas, il faut maintenir le confinement.
En effet, nous avons raclé les fonds de tiroir pour multiplier par deux et demi le nombre de lits de soins intensifs, mais nous sommes arrivés aux limites de ce que nous sommes en capacité de faire.
Certains diront que cette situation est inédite et que personne n'aurait pu la prévoir. C'est en partie vrai, mais ces arguments ne sont avancés que pour masquer le fait qu'avant la crise, l'hôpital était à l'os après 20 ans de cure d'austérité et la fermeture massive de lits et d'hôpitaux. Il a été donc plus difficile de mobiliser des ressources supplémentaires en matériel et en personnels quand il a fallu partir d'une situation dégradée, sans aucune marge de réserve.
N'en déplaise à certains qui ne semblent pas vouloir remettre en cause cette politique de réduction de l'offre de soins hospitalière, il est légitime aujourd'hui de remettre en avant les critiques et les revendications qui sont portées depuis des années et avec une plus forte intensité depuis le mouvement qui a débuté dans les urgences et s'est étendu à l'ensemble de l'hôpital.
Oui, nous remettons en cause la politique de fermeture des établissements de proximité, de la concentration de moyens dans un nombre réduit d'hôpitaux localisés dans les métropoles, la politique du tout ambulatoire, la gestion des hôpitaux comme des entreprises de production de soins, la logique productiviste du fonctionnement à flux tendu...bref tout ce qui a été mis en place depuis des années et avec un zèle particulier par tous les ministres qui se sont succédés depuis 20 ans, dont Roselyne Bachelot qui essaye de se refaire une virginité aujourd'hui. Leur pitoyable tentative de se dédouaner de leurs responsabilités à la laquelle on assiste par médias interposés est honteuse. Il va falloir maintenant changer de logiciel pour reconstruire un système de santé qui n peut reposer que sur deux principes essentiels : le Service Public et une Sécurité Sociale à 100 %.

 

7 avril 2020

Ils persistent...

Sous les discours de circonstances, les libéraux qui nous gouvernent et leurs assistants zélés sur le terrain persistent dans leur politique de destruction des services publics.
Après un pauvre mea culpa en 2003 à la suite la catastrophe de la canicule dans les EHPAD, rien n'a été fait pour embaucher du personnel. Rappelons que les syndicats, soutenus par l'association des directeurs de ces établissements, réclament un encadrement d'un soignant par résident, ce qui nécessite la création de près de 300 000 emplois. Par contre les groupes privés de ce secteur accumulent des bénéfices, assis sur des tarifs honteusement élevés au regard du service rendu. Les ministres de la santé qui se sont succédés depuis et n'ont rien fait pour répondre à ces revendications, viennent de publier une tribune pour vanter la gestion de la crise par le gouvernement actuel. Ils se soutiennent entre "amis" pour masquer leur responsabilité ! Le directeur de l'ARS du Grand-Est, en pleine crise, annonce vouloir maintenir le plan de retour à l'équilibre financier du CHU de Nancy qui doit se traduire par la suppressions de centaines de lits et d'emplois. Ancien conseiller de Marisol Touraine, il poursuit avec docilité l'entreprise de destruction de l'hôpital public à son nouveau poste.
La gestion autoritaire par certains directeurs d'hôpitaux se poursuit et s'amplifie. Les salariés doivent se taire, sinon ils sont sanctionnés comme notre collègue de Marseille qui, après avoir publié une vidéo sur les réseaux sociaux dénonçant la piètre qualité des surblouses fournies par l'hôpital, a été convoquée pour un entretien à visée disciplinaire. Mais dans quel pays vivons-nous ? Allons-nous "fusiller" comme en 14-18 les mutins qui se révoltent contre l'incurie des "généraux" qui les envoient à la boucherie sans équipement adapté ?
Enfin, cerise sur le gâteau, les mensonges de Martin Hirsch, directeur général de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris. Ce Monsieur qui en quelques années a engagé le démantèlement de plusieurs établissements n'a pas supporté que nous demandions l'utilisation des locaux vides de l'Hôtel-Dieu pour ouvrir des lits, notamment de réanimation. Ce qui a été encore plus insupportable pour lui est que cette proposition soit soutenue par Anne Hidalgo, maire de Paris. Pour contrer ce projet, il a affirmé que les alimentations en gaz (oxygène et air) avaient été démantelés, ce qui est faux et a été mis en lumière par le personnel ouvrier de l'établissement qui a vérifié encore hier leur bon fonctionnement.
La conclusion est bien qu'il va falloir se battre pour changer réellement de politique pour l'Hôpital Public car il ne suffira pas de se débarrasser des exécutants zélés et serviles.

 

6 avril 2020

Je sors de garde au Samu et mon billet sera plus court aujourd'hui. Pour la première fois depuis le début de l'épidémie, le nombre d'appels pour de nouveaux cas a nettement diminué en Île-de-France. Ce qui veut dire que le confinement commence à porter ses fruits. Par contre, nous avons encore beaucoup de personnes qui ont débuté la maladie il y a quelques jours avec un début d'amélioration, puis une aggravation nette entre le 8e et le 10e jour. Nous avons donc encore besoin d'un grand nombre de places en réanimation. Heureusement car nous arrivions, faute de matériel, aux limites de nos capacités.
Il s'agit donc aujourd'hui d'une première note d'espoir pour la région parisienne qui j'espère se confirmera dans les jours à venir. Par contre, notre colère est toujours là face à la pénurie de moyens essentiels de protection qui persiste. Nous ne pouvons nous contenter de dons et des bonnes volontés qui nous font chaud au cœur. Mais sans organisation par l'Etat de la production, de l'acheminement et de la juste répartition des moyens, les semaines à venir vont être difficiles.
Pour finir, je remercie en passant au nom de tous mes collègues les gendarmes qui nous ont livré avant-hier un lot de masques dont ils n'avaient pas l'usage. Bonne journée à tous.

 

5 avril 2020

La pénurie

Tout d'abord, commençons par une nouvelle porteuse d'espoir. Depuis maintenant 3 jours, le nombre d'appels pour de nouveaux cas de maladie diminue au Samu 93 et dans les autres Samu d’Île-de-France.
Cela signifie que les mesures de confinement commencent à porter leurs fruit. Espérons que les jours à venir confirmeront cette tendance. Mais ce qui continue à nous mettre sous tension est que le nombre de malades en réanimation continue à augmenter, cependant plus faiblement que la semaine dernière. En effet, les patients nécessitant des soins intensifs sont ceux qui s'aggravent à partir du 7e ou 8e jour de la maladie après une phase d'amélioration qui avait suivi les symptômes initiaux. Donc rien n'est gagné et il ne faut pas relâcher nos efforts.
Par contre, ce qui est plus inquiétant est la gestion calamiteuse de la pénurie de matériel par le gouvernement. Cette situation est due au fait qu'il n'a pas reconnu d'emblée que ses recommandations n'étaient pas basées sur des arguments de santé publique mais n'avait pour objectif que de masquer la pénurie dramatique de moyens. Pénurie de tests de dépistage qui nous a obligé à la mesure brutale du confinement généralisé alors que d'autres stratégies étaient possibles, notamment celle du dépistage massif adopté par la Corée du Sud. Pénurie de matériel de protection, notamment de masques, obligeant les autorités sanitaires à nous mentir en expliquant que le port du masque généralisé n'était pas efficace.
Le changement de pied de ce week-end est salutaire intellectuellement mais en pratique c'est une catastrophe. En effet, expliquer que tout le monde pourra se faire dépister et que le port du masque doit être systématique alors que, du fait de la pénurie, c'est matériellement impossible, met tout le monde en colère.
Colère encore plus grande chez les professionnels quand des grands CHU comme les Hospices civils de Lyon proposent le lavage des surblouses et le remplacement des tabliers de protection par des sacs poubelles avec un tutoriel pour expliquer leur usage !
Cette situation est liée à un manque d'anticipation mais surtout au mode de production mondialisé libéral mis en place depuis plusieurs décennies et qui nous mène à la catastrophe. Pour préparer l'après, je vous engage à signer la pétition dont je suis un des premiers soutiens avec le lien suivant : change.org/MilliardsHopital.

 

3 avril 2020

Urgence pour les EHPAD

À ce stade de l'épidémie, la priorité doit être les 700 000 résidents en EHPAD. Pour éviter le confinement total qui risque d'augmenter encore les difficultés, il est nécessaire que nos collègues beneficent en urgence de matériel de protection et surtout de renforts en personnel. Il faut des masques et des surblouses, car cela fait pleurer de voir ces professionnelles être obligées de bricoler elles-mêmes des masques en tissu ou d'utiliser des sacs poubelle comme protection.
Cette situation était prévisible. Il y a deux ans, un grand mouvement à agité les EHPAD avec une revendication de création de 200 000 emplois en urgence pour pouvoir avoir un ratio d'un agent par résident. Taux d'encadrement nécessaire pour avoir le temps de donner à manger aux résidents dépendants, de pouvoir donner plus d'une douche par semaine et surtout de pouvoir disposer de temps pour les écouter, leur parler et les réconforter. Or, là aussi, le gouvernement n'a pas répondu aux revendications et seuls quelques milliers d'emplois ont été promis. Par contre les groupes privés lucratifs qui gèrent une bonne partie de ces établissements ont continué à engranger de confortables bénéfices leur permettant de se développer dans de nombreux pays, y compris la Chine où un marché s'ouvrait.
Alors aujourd'hui exigeons un soutien massif aux aides-soignantes, infirmières et autres personnels des EHPAD.

 

2 avril 2020

Colère noire

Alors que nous nous battons face à la pénurie au quotidien pour sauver des patients, une note commandée par Emmanuel Macron à la Caisse des dépôts et consignations me met dans une colère noire. Cet outil financier de l'Etat créé par Napoléon nous propose un plan pour l'hôpital public qui se résume à sa privatisation et à son dépeçage, permettant aux requins de la finance de s'accaparer les morceaux les plus rentables.
Je vous ai écouté, Monsieur le Président, lors de votre discours de Mulhouse. J'étais sceptique face à vos promesses mais il me restait un espoir qu'en insistant un peu, finalement vous alliez commencer à répondre aux revendications que nous défendons depuis plus d'un an. Là, c'est la douche froide. Quelle écœurante duplicité ! Vous nous mentez en pleine tempête et je ne peut plus faire confiance au capitaine du bâteau.
Nous allons continuer à nous battre pour nos patients puis viendra le temps du bilan. Aujourd'hui mes journées sont longues à l'hôpital et j'utilise mes rares heures disponibles pour poursuive mon activité syndicale car mes collègues me demandent d'être leur porte-parole pour demander des moyens et exprimer leur désarroi et leurs inquiétudes.
Mais demain, nous nous mobiliserons pour un changement radical de politique, pour que par exemple les agents de la Caisse des dépôts travaillent dans l'intérêt des services publics, notamment l'hôpital public, et pas pour celui du monde de la finance.

 

1er avril 2020

L'urgence : la réquisition des entreprises

Nous subissons depuis le début de l'épidémie le manque de moyens de protection, notamment de masques, non seulement à l'hôpital mais aussi en ville où nos collègues médecins, infirmières, ambulanciers, etc.travaillent dans des conditions indignes qui les mettent en danger.
Aujourd'hui, la situation devient plus grave avec un début de rupture d'approvisionnement en médicaments essentiels, notamment les anesthésiques absolument indispensables pour endormir les patients intubés et ventilés en réanimation. Nous sommes là face à une mise en danger immédiate de la vie des patients. Cette situation était prévisible et rien n'a été fait. Depuis plusieurs années, nous avons été nombreux à protester et à demander au gouvernement de prendre des mesures face aux ruptures d'approvisionnement qui augmentent d'année en année dans les pharmacies. Il s'agit là de la conséquence directe des choix de l'industrie pharmaceutique qui a privilégié sa rentabilité financière au détriment de la sécurisation de sa production. Tout cela est connu et a été largement analysé par des associations comme l'Observatoire de la transparence dans les politiques du médicament dont les appels auprès des pouvoirs publics sont restés sans réponse.
Il n'est plus possible face à cette crise dans la crise de se contenter de faire appel à la bonne volonté des entreprises et d'organiser des visites à visée médiatique, monsieur le Président de la République. L'urgence est à la réquisition immédiate des entreprises pour que la priorité soit donnée à la fabrication des produits indispensables au bon fonctionnement de notre système de santé. Le bricolage, c'est fini ! Seule la réquisition permet de prioriser les productions, de les répartir en fonction ds priorités et de contrôler les prix.
Il est par ailleurs insupportable de constater que la Communauté européenne ne sert à rien aujourd'hui. Chaque pays mène sa propre politique, s'est replié derrière ses frontières et il existe même un concurrence brutale pour s'approprier les rares moyens disponibles sur place où qui sont commandés à l'étranger.
L'inhumanité de l'organisation de notre économie dans le cadre de la mondialisation libérale est mise en pleine lumière. Monsieur le Président, vos belles paroles sur le thème "Demain, tout ne pourra plus être comme hier" ne peuvent suffire. L'urgence est immédiate et c'est maintenant que les choses doivent changer avec une première étape : la réquisition par l'Etat des entreprises indispensables pour sauver des vies aujourd'hui. Demain, nous compterons les morts qui auraient pu être évités.

 

31 mars 2020

Des doutes légitimes existent sur la gestion de la crise par le gouvernement actuel avec en arrière plan les responsabilités des gouvernements précédents. Dès le mois de janvier, nous avions été un certain nombre à souligner le fait que notre système hospitalier était à la limite de la rupture et qu'en cas d'épidémie sévère il risquait de ne pas être capable de gérer une augmentation brutale du nombre de malades.
Par ailleurs, nous dénonçons depuis plus d'un an le manque de lits, de personnels, de matériel et de médicaments trop souvent en rupture de stock. La situation de tension, notamment en lits de réanimation, était prévisible. En effet, si nous étions parti "en guerre" avec le même nombre de lits rapporté à la population qu'en Allemagne, nous aurions disposé au départ de 10 000 lits, et non pas de 5000. Face à cette situation, le choix des TGV sanitaires interroge.
Ne serait-il pas plus simple de rapatrier du matériel et d'affecter du personnel dans des locaux disponibles sur place, notamment à l'Hôtel-Dieu, en plein centre de Paris où les locaux de la réanimation fermée il y a quelques années sont encore en état avec les alimentations en oxygène notamment.
N'en déplaise à certains qui n'aiment visiblement pas les syndicalistes, notamment de la cgt, ces critiques sont légitimes et doivent être faites car il n'est pas question que sous couvert d'unité nationale, tout débat soit étouffé.

 

30 mars 2020

Retour au Samu ce matin pour une semaine cruciale en Ile-de-France avec le pic de l'épidémie qui s'annonce. Tout le monde va devoir être sur le pont. Tout le monde, ce sont mes collègues du Samu 93 que je voudrais vous faire connaître aujourd'hui.
Les ambulancier.e.s si mal payés et si compétents.
Les assistant.e.s de régulation médicale qui décrochent et trient les appels du 15 qui ont quadruplé.
Les infirmier.e.s anesthésistes et les puéricultrices qui apportent leurs immenses compétences dans les ambulances de réanimation.
Les médecins urgentistes et pédiatres, les internes qui accumulent les heures, des plus jeunes aux plus anciens.
Les médecins généralistes qui répondent aux appels du centre 15 et assurent les visites à domicile.
Les logisticiens qui assurent la gestion du matériel, si précieux car si rare dans le contexte de pénurie que nous subissons.
Les secrétaires qui gèrent l'administration, indispensable au bon fonctionnement de notre structure très complexe.
Nos deux professeurs de médecine qui nous alimentent en synthèses de données scientifiques pour mieux comprendre l'épidémie.
Les cadres paramédicaux qui galèrent pour assurer les commandes de matériel et éviter les ruptures.
Puis ceux qui sont venus en renfort : les anciens du service qui ont remis la blouse, les étudiants en médecine qui sont venus renforcer les équipes, les ambulanciers privés, les bénévoles des associations de secourisme...
Plus tous ceux que j'oublie dans l'hôpital mais qui permettent à notre service très complexe de bien fonctionner. Personne ne compte aujourd'hui ses heures, la fatigue se fait sentir mais l'ambiance est très bonne avec une grande solidarité dans les équipes. Merci mes collègues et souvent amis. Ensemble nous sommes forts et nous allons assurer la continuité du service public pour la population.

 

29 mars 2020

Ce matin, dimanche, je pars au travail au Samu 93, avec une certaine appréhension car depuis maintenant plusieurs jours, les réanimations d'Ile-de-France arrivent à saturation. Il va donc être difficile de trouver des solutions pour de nombreux patients, notamment les plus, âgés. J'ai entendu hier soir le Premier ministre et le Ministre de la santé faire des annonces concernant des commandes de matériel et des prévisions d'ouverture de lits de réanimation.
Dans un premier temps, je me suis dit que pour la première fois depuis de nombreuses semaines, le gouvernement n'était plus dans le déni et reconnaissait la pénurie de matériel. Mais en écoutant l'énoncé des chiffres et les dates annoncées, la colère m'est montée au nez.
Nous avons besoin des tests, des masques et des lits de réanimation aijourd'hui et pas dans 10 ou 15 jours ! Nous promettre 50.000 tests par jour fin avril alors que l'Allemagne en fait déjà plus quotidiennement aujourd'hui, qu'elle foutaise ! Il en va de même pour les masques promis dans les EHPAD qui sont indispensables dès maintenant ! Cela montre bien que le gouvernement a encore un train de retard et court après la crise. Gouverner, c'est prévoir, messieurs. Et vous n'avez rien prévu à temps.
Nous, urgentistes, demandons que tous les moyens industriels, logistiques et humains de notre pays soient mobilisés immédiatement pour que notre système de santé de puisse répondre aux besoins des patients. Il faut arrêter toutes les autres activités non essentielles. C'est vital, car nous refusons d'être en situation de sélectionner les malades qui pourront aller en réanimation et ceux qu'il faudra laisser mourir par manque de moyens.

 

28 mars 2020

J'étais hier jusqu'à minuit en régulation au Samu de Seine-Saint-Denis. Depuis 3 jours, plus aucune place en réanimation dans notre département. La conséquence est le transfert de patients dans des reanimations au quatre coins de la région parisienne.
Cela souligne deux problèmes.
Premièrement, cela met en lumière ce que nous dénonçons depuis des années, à savoir la faiblesse des services publics dans les départements les plus pauvres, notamment en termes de lits hospialiers. Faiblesse qui n' est pas compensée par le secteur privé lucratif que nous avons sollicité, mais qui était lui aussi dépassé et qui par ailleurs n'est pas doté de beaucoup de places en réanimation.
Deuxièmement, cela pose une question sur la stratégie du gouvernement. Il faudrait en urgence augmenter les capacités hospitalières sur place, bien au-delà de ce qui a été fait jusqu'à présent. Mais aujourd'hui la réponse qui semble se profiler est celle de nouveaux TGV sanitaires pour évacuer des patients sur la province. Cela ne semble pas raisonnable. Il serait plus utile de mobiliser l'ensemble des ressources logistiques et humaines disponibles en Île-de-France. La priorité ne peut être aujourd'hui le maintien de l'activité économique, y compris dans des secteurs qui ne sont pas essentiels dans la lutte contre l'épidémie. Toutes nos forces doivent être concentrées immédiatement pour passer le cap du pic de l'épidémie dans les régions les plus touchées.
La région parisienne est soit disant une des régions les plus riches du monde, le gouvernement doit arrêter de tergiverser et de courir après les événements. Il est possible, si les bonnes décisions politiques sont prises immediatemment, de pouvoir mettre en œuvre les solutions adaptées.

 

27 mars 2020

Que l'armée française ne soit pas capable de monter un véritable hôpital de campagne avec un nombre de lits conséquent et que l'aide à Mulhouse se limite à quelques tentes avec 30 lits, alors que des pays comme la Chine ont construit des hôpitaux de plusieurs centaines de lits avec des bâtiments modulaires en quelques jours, cela montre bien que la politique de destruction du Service de santé des armées, avec la fermeture de nombreux hôpitaux, a mis aussi ce service public à genoux.
La conséquence a été l'organisation d'un train sanitaire qui a été largement médiatisée mais qui s'avère être un gâchis délirant en termes de moyens dans la situation actuelle. Mobiliser 150 soignants pour faire traverser la France à 20 malades, mais quelle bêtise ! D'une part, la crise en Alsace est largement due au fait que le nombre de lits en réanimation dans cette région était initialement insuffisant comme dans toute la France et je le rappelle de moitié inférieur rapporté à la population par rapport à ce qui existe de l'autre côté du Rhin, en Allemagne. Par ailleurs, il aurait été préférable de monter un véritable hôpital supplémentaire en faisant appel à la réserve sanitaire sur place à Mulhouse. Demain, nous risquons d'être à saturation en Ile-de-France en ce qui concerne les lits de réanimation. Allons-nous organiser des trains sanitaires pour répartir les patients sur toute le territoire ? Non, il faut que le gouvernement mobilise l'ensemble de nos ressources pour le système de santé en arrêtant les activités non essentielles et mette en oeuvre des capacités hospitalières supplémentaires sur place en région parisienne dans des locaux disponibles.

 

26 mars 2020

Que le Président de la, République reconnaisse que l'hôpital va mal est un premier acquis. Cependant, ses promesses restent floues alors que nos revendications sont précises et chiffrées. Nous réclamons des lits et l'arrêt des fermetures de services et d'hôpitaux. Nous réclamons des effectifs supplémentaires : 100 000 à l'hôpital et 200 000 en EHPAD. Enfin nous réclamons des augmentations de salaires et non des primes. Le chiffrage a été fait par l'intersyndicale et les collectifs. Nous demandons pour 2020 une augmentation du budget des hôpitaux de 5 %, soit 4 milliards d'euros immédiatement.
Les promesses faites hier ne sont pas à la hauteur de la crise qui ne date pas d'aujourd'hui. Elles restent floues et non chiffrées, présentées dans le cadre d'un discours compassionnel qui nous énerve. Monsieur Macron, nous voulons du concret avec des financements precis. Le temps des promesses, c'est terminé !

 

25 mars 2020

Osez dire que le gouvernement actuel n'est pas responsable de la pénurie de masques et autres matériels dans les hôpitaux est un énorme mensonge ! En effet qui a décidé de ne pas débloquer les crédits pour maintenir la réserve datant de la grippe H1N1 : Bercy. Et qui était à Bercy à l'époque : Emmanuel Macron !
Ils sont pitoyables à ce jeu du "c'est pas moi qui suis responsable mais c'est mon prédécesseur".
Mon constat est simple : la dégradation des services publics et des hôpitaux a débuté avec le tournant libéral initié par Thatcher et Reagan aux Etats-Unis et en France avec Bérégovoy relayés par les guignols médiatiques Tapie et Montand. Depuis, que les gouvernements aient été de "droite" ou de "gauche", la même politique libérale nous a été imposée avec la fermeture massive de lits et d'hôpitaux. Aujourd'hui nous manquons de lits de réanimation mais qui a validé par exemple le Projet régional de santé de la région PACA qui prévoit la fermeture de 13 réanimations ! Qui a fermé, il y a un an, la réanimation de l'hôpital Jean Verdier à Bondy dans mon département, que nous avons pu rouvrir heureusement la semaine dernière car le matériel et le personnels était encore présent ? Les ministres de la santé qui se sont succédés, servilement assistés par une partie des directeurs et des médecins en postes de responsabilité.
Et aujourd'hui, ils viennent pleurer dans les médias, comme le premier de la classe, Martin Hirsch, pour faire appel à la générosité publique pour acheter du matériel et aux retraités pour venir aider le personnel en nombre insuffisant. Manque de lits et de personnels, ce sont les revendications qui motivent notre grève depuis plus d'un an. Un de ceux qui nous a envoyé paître lorsqu'il était rapporteur du budget de la Sécurité sociale, c'est Olivier Véran qui aujourd'hui essaye de se dédouaner dans ses interventions en tant que Ministre de la santé.
Aujourd'hui nous faisons notre boulot pour assister au mieux nos patients avec des moyens insuffisants. Mais après la crise, il faudra que ces "braves" gens passent à la caisse pour payer car leur responsabilité est clairement établie.

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